Pour ne pas trop changer, commençons par…
Un peu d’histoire…

Nous savons tous que la médecine par les plantes est la plus ancienne du monde, alors que les hommes n’ont eu longtemps que cela pour soigner leur maladies et panser leur blessures.
L’aromathérapie « artisanale » n’est pas née hier, en Asie, un alambic datant de 5000 ans avant J-C nous indique que les chinois et les hindous maitrisaient déjà cet art d’extraction. Les Egyptiens quant à eux, employaient les huiles essentielles pour embaumer leurs morts … 4000 ans avant J-C avec la myrrhe, la cannelle, l’encens, le nard, le cèdre du Liban … que de noms associés au patrimoine culturel égyptien. La tombe de Toutenkhamon, 3250 ans après son inhumation exhalait encore de ces parfums.

De nos jours…

Depuis quelques années, on observe un engouement certain pour les huiles essentielles. Aujourd’hui il est très facile de s’en procurer, que ce soit en pharmacies, en magasins bio ou sur internet. Ce qui pourrait presque nous laisser penser qu’il s’agit de produits anodins, et sans risques…

Elle sont pourtant puissantes car elles ont cette particularité de pénétrer directement dans le sang. Leurs utilisation à des fins cosmétiques ou thérapeutiques nécessite dans tous les cas de prendre les précautions adéquates, et d’avoir des connaissances poussées.

Il existe plus de 10000 études et le chiffre augmente de façon exponentielle chaque année prouvant l’efficacité des huiles essentielles.

Quelques connaissances essentielles elles aussi…

La photosensibilisation
Certaines huiles essentielles sont naturellement photosensibilisantes à cause de la présence de furocoumarines et pyrocoumarines dans leur composition chimique.
Ces composés peuvent provoquer des tâches sur la peau de manière irréversible que l’exposition soit volontaire ou spontanée, c’est pourquoi de manière générale je vous invite quelque soit l’huile essentielle à éviter toute exposition au soleil. Les prendre le soir représente une excellente altérnatuve.

La neurotoxicité
Les cétones et les lactones présentent dans les huiles essentielles peuvent altérer les tissus nerveux. 
La toxicité peut être variable selon le type de cétone, la voie d’administration et la posologie.
C’est par exemple le cas du thuya occidental ou de l’hysope officinale (interdites à ce jour à la vente publique).
A savoir que la proportion en composés cétoniques ou en lactones dépend de la plante, ainsi plus elle plus en contient plus le risque de neurotoxicité est apparent.
Certaines huiles essentielles telles que la menthe poivrée contient de la menthone, un composé neurotoxique.

J’ai été effarée d’apprendre d’une connaissance qu’elle utilisait TOUS LES JOURS  cette huile essentielle pour se brosser les dents en remplacement de son dentifrice.

Ces huiles essentielles accessibles au grand public, dont les nombreuses vertus sont largement ventées sur le net, ne sont pas a consommer au quotidien, on recommande de ne pas en prolonger l’usage trop longtemps et de manière continue. (en fait c’est un peu comme le chocolat, c’est pas mais faut pas en abuser)

L’hépatotoxicité
Une certaine toxicité hépatique peut se manifester pour les huiles essentielles contenant des phénols.
Si ces dernières sont utilisées sur de longues durée et à des doses importantes.
Il faudra limiter l’usage de ces huiles essentielles à 10 jours maximum.
Exemples d’huiles essentielles riches en composés phénoliques : thym au thymol (thymol), origan compact (carvacrol), sarriette des montagnes (carvacrol).
Pour contre balancer l’effet hépatoxique de ces huiles essentielles, on peut les associer en synergie à d’autres huiles « hépato-régénératrices ».

La dermocausticité
Certaines huiles essentielles sont dermocaustiques, c’est-à-dire qu’elles sont agressives pour la peau et les muqueuses.
Elles sont susceptibles de provoquer des irritations cutanées voire même des brûlures.
Il s’agit la plupart du temps d’huiles essentielles contenant des phénols, des aldéhydes ou certains types d’esters.
Le bon réflexe pour éviter ce risque ?
Pour pallier à la dermocausticité inhérente aux huiles essentielles, je vous conseille de les diluer dans des huiles végétales ou d’autres excipients adéquats.
On peut aussi réaliser un dosage moins fort en les associant à d’autres huiles essentielles non dermocaustiques.
En général, on utilise les huiles essentielles à une concentration de 10 à 20 %, voire encore plus diluée pour les peaux les plus sensibles et réactives. Ca dépend aussi des huiles essentielles.

La néphrotoxicité
L’usage en interne d’huiles essentielles riches en composés monoterpéniques peut dégrader et impacter les néphrons (unité microscopique du rein).
Il faut notamment être vigilant avec les huiles essentielles de pins, qui ont une tendance à sur stimuler l’activité des néphrons, ce qui pourrait sur le long terme provoquer une inflammation rénales.
Quelques huiles essentielles néphrotoxiques : genévrier, santal blanc.
En cas de néphrotoxicité connue, il est conseillé d’utiliser l’huile essentielle de manière occasionnelle.

Les allergies
Les huiles essentielles, quelles qu’elles soient sont potentiellement allergisantes.
Elles peuvent provoquer des réactions allergiques telles que des rougeurs, des inflammations.
Mais certaines sont plus à « risques » et c’est vrai que certains composés sont plus enclins à provoquer des allergies.
C’est le cas des composés monoterpéniques (les sesquiterpénes, l’aldéhyde cinnamique, les phénylpropanoïdes, les hydroperoxydes).
Pour éviter l’allergie, on suggère toujours d’effectuer un test cutané pour s’assurer de la bonne tolérance à l’huile essentielle que l’on souhaite utiliser.

L’action abortive
Les cétones sont des composés aromatiques très utiles d’un point de vue thérapeutique, mais délicates à manipuler du fait de leur toxicité potentielle et des risques d’avortement qui sont liés à leur mauvais usage.
Les thuyones, molécules cétonique, peuvent être abortives à des doses variant selon la sensibilité de l’individu.
L’usage des huiles essentielles de sauge officinale, de palmarosa est strictement contre-indiquée pour les femmes enceintes, et même pour les femmes allaitantes ainsi qu’aux enfants de moins de 7 ans.
Pour éviter tout risque pour le bébé, je préconise de ne pas utiliser d’huiles essentielles durant la grossesse sauf si conseillées par un pharmacien, ou un médecin.

Les huiles essentielles interdites à la vente publique ?

Bien que l’accès aux huiles essentielles soit assez libre, certaines d’entre elles restent sous le monopole pharmaceutique.
Ainsi certaines huiles essentielles sont interdites à la vente publique, d’ailleurs le code de la santé l’indique dans l’article L.4211-6 6 que :
« La vente au détail et toute dispensation au public des huiles essentielles dont la liste est fixée par décret, ainsi que leurs dilutions et préparation ne constituant ni des produits cosmétiques, ni des produits à usage ménagers, ni des denrées ou boissons alimentaires appartiennent au monopole pharmaceutique »
Ainsi ce décret relatif à ce monopole liste une dizaine d’huiles essentielles disponibles uniquement en pharmacie et sous prescription.

Ceci dit, voici 10 bonnes raisons d’en utiliser…

Elles ne provoquent pas d’antibiorésistance
La majorité des huiles essentielles antibiotiques sont également antivirales (8 cas sur 10 des maladies ORL sont également virale alors la, on fonce)
Elles agissent également sur l’environnement organique et métabolique. Sus aux microbes mutants !
Efficace et biodisponible dans le sang immédiatement, ce qui les rend 50 fois moins concentrées qu’un antibiotique.
Elles stoppent la prolifération des germes nocifs tout en ayant une influence positive sur la réponse immunitaire et sur le terrain.
Elle viennent en soutien a un traitement antibiotique sans interféré.
Elle n’est pas limité à un spectre précis.
Etc … la liste est longue

Y a-t-il différentes qualités ?

Et bien oui ! Business is business on trouve le pire comme le meilleur. Seules les huile essentielles 100% naturelles peuvent être utilisées pour se soigner. Attention donc aux HE synthétiques !
Une bonne huile essentielle doit tout simplement être 100% pure, naturelle et bio afin de n’avoir aucun résidus de pesticides.
Voila quelques composants qu’il ne faut pas retrouver dans nos huiles essentielles :
Ethylparaben
BHT – une substance clairement identifiée comme toxique, sans doue agressive pour l’immunité
Oxybenzone
Benzopnone 3 – perturbateur endocrinien, considéré comme toxique.
Polysordate 20 – soupçonné de participer à divers troubles et maladies, dont le cancer du sein
Sans parler des arômes artificiels, hyperallergisants et irritants pour le système respiratoire.

Le test allergique…

Une manière de prévenir les réactions allergiques est d’effectuer un test :

Appliquer deux gouttes d’huile essentielle dans le pli du coude. S’il n’y pas de réaction après 48h, c’est qu’a priori vous n’êtes pas allergique.

petit rappel ;

  • Une irritation est une réaction immédiate, localisée à la zone de contact, qui peut se traduire par des picotements, des rougeurs, quelques démangeaisons faibles et qui cesse dès l’arrêt de l’utilisation.
  • Une allergie est une réaction souvent retardée (jusqu’à 48h après le contact), qui peut s’étendre au-delà de la zone de contact et peut se traduire par des démangeaisons, des œdèmes ou des brûlures. Les symptômes sont plus longs à disparaître.

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